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Eco-construction

L’auto-construction

Ce site internet présente l’ensemble de notre activité agricole. Nous avons également souhaité y rajouter les grandes lignes de l’autoconstruction de notre ferme. Cette partie non exhaustive ne représente que notre point de vue et notre expérience vécue.

Nous vous invitons à y retrouver quelques éléments d’organisation, de techniques ou de coûts financiers pour enrichir votre réflexion si vous avez d’éventuels projets futurs.

Pour des raisons de temps, nous ne pouvons pas ouvrir de blog de discussion, mais n’hésitez pas à venir nous rendre visite sur place pour vos prochaines vacances en Luberon.

Bonne lecture.

Mise en garde préalable

L’acquisition d’un bâtiment représente un effort financier très important et des risques d’erreurs multiples et pas toujours facile à anticiper.

Les contraintes administratives, normatives et d’ assurances ne doivent pas être sous-estimées. De plus, la durée d’un chantier et la
quasi-impossibilité de retour en arrière nous expose plus fortement aux aléas de la vie durant une longue période d’efforts et de vulnérabilité.

L’achat d’un bien terminé et correspondant à votre besoin reste donc la solution générale la plus sage.

Les imprévus et la durée d’un projet immobilier ont parfois (souvent ?) conduit à l’explosion en vol de la cellule familiale de l’autoconstructeur.

Pourquoi choisir l’autoconstruction

Cependant, pour les battants les plus rustiques et accrocheurs capables d’aborber – avec la famille – une surcharge de travail physique sur plusieurs années, nous vous présentons sur ce site, un exemple pratique d’une construction d’un bâtiment agricole neuf de 260 m2 de surface de plancher.

Le but est de vous fournir des éléments de réflexion, des fourchettes de prix et quelques photos de réalisations pratiques.

Nous vous conseillons de ne jamais prendre les informations recueillies sur ce site et ailleurs pour argent comptant mais de toujours comprendre le pourquoi des choix retenus et ne sélectionner que les solutions réellement adaptées à votre projet.

Avant de commencer, nous vous proposons notre point de vue sur un choix alternatif envisageable : la rénovation.

Autoconstruction versus Rénovation

Voici une liste non exhaustive des avantages et inconvénients de chaque solution.

AutoconstructionRénovation
Vous avez la maîtrise de tous les prérequis (analyse de sol, exposition, plan adapté à votre juste besoin pour 10 à 20 ans, choix des distances / limites de propriété, …)Vous devez vérifier que le bâtiment existant ne présente pas de défaut(s) majeur(s) caché(s) : irrégularité administrative (plan cadastré différent de l’existant, modifiction du PLU interdisant toute demande de modification, …) fondations non ceinturées sur sol argileux ou instable, bâtiment « malade », remontées d’humidité, VRD, assainissement hors norme, champignons, termites, racines d’arbre sous fondations, …
Utilisation et combinaison possible des meilleurs matériaux actuels (performances, légereté, …)le gros-oeuvre est plus difficilement modifiable
Votre chantier n’est protégé des intempéries qu’au stade hors d’eau (toiture posée)Vous partez généralement d’un gros-oeuvre utilisable et modulable (rénovation par zone si possible)
Vous maîtrisez la planification de votre chantierDes surprises peuvent apparaître (ex : détruire un marteau piqueur en ouvrant une simple porte dans un mur porteur en pierre, …)
Vous pouvez choisir un plan et des méthodes constructives « simples » : gain de temps possible sur le gros-oeuvreVous disposez déjà d’un toit.
Autoconstruction ou rénovation, les différents avantages

Chacun choisira en fonction de sa sensibilité. Mais la différence majeure entre les deux solutions est la maîtrise du gros-oeuvre (VRD, fondations, murs, toiture) pour l’autoconstruction.

Attention, la rénovation peut aussi donner l’illusion d’un chantier plus rapide et simple mais il faut raisonner en durée totale de chantier et en résultat final. En effet, le temps de travail en finition de 2nd oeuvre est plus long qu’en gros-oeuvre mais avec une pénibilité moindre.

Pour notre part, nous avons retenu l’autoconstruction qui nous permettait de réaliser un projet agricole sur mesure, polyvalent, « léger », rapide à construire, utilisant des matériaux performants en association, bioclimatique et antisismique (zone 3 – risque modéré) « flottant » sur un sol argileux et instable.

Les différentes phases d’un projet

Un projet se décompose en deux parties majeures : la conception du projet et sa réalisation. La conception est la phase d’étude qui doit être analysée dans les moindres détails. A ce stade, les changements sont encore possibles notamment en termes de coûts financiers (cf. Analyse de la valeur).

Dès que vous démarrez la réalisation du chantier, vous rentrez dans la phase dynamique du projet, vous êtes contraint par le temps et les oublis ou changements peuvent avoir des conséquences lourdes, voire s’avérer impossibles.

Conseils de conception

Là encore, ces quelques conseils sont indicatifs et doivent être adaptés à votre projet.

En voici une liste à la Prévert :

  • la simplicité sera déjà difficile à construire, donc choisissez toujours les solutions les plus simples
  • établissez une liste de 4 à 5 priorités classées que vous souhaitez respecter en permanence (ex : 1-simplicité, 2-durabilité dans le temps, 3-coûts maîtrisés, 4-facilité de réalisation, 5-rapidité d’exécution, ………… X-la couleur des rideaux)
  • gardez à l’esprit le nombre (variable) de personnes sur le chantier (ex : un, couple, équipe d’amis (prévoir une décroissance rapide), chantier participatif ponctuel, travail en parallèle d’artisans (attention à la gestion de la sécurité entre activités différentes)
  • réfléchissez votre projet dans toutes ses phases d’utilisation exemples :
    • en famille, couple seul après le départ des enfants, accueil parent(s) agé(s) ?
    • les saisons (chaude, froide, intersaison)
    • familiale ou professionnelle (chambres d’hôtes,…)
  • conditions météorologiques pendant le chantier, en utilisation (ex : pente de garage gelée en hiver, protection du chantier contre la pluie, …)
  • gérez les flux de matériels et matériaux pour réduire les distances de transport, ordonner logiquement l’emploi successif de vos matériaux ( ex : un seul tas de palettes de parpaings regroupées en contrebas de votre chantier, versus tas répartis en pourtour de chantier et dans l’ordre d’utilisation)
  • pensez à gérer chaque jour la sortie, le rangement dans la journée et la rentrée de l’outillage (après nettoyage). Cette opération anodine peut être chronophage ou vous sur-exposer aux vols

Vous pouvez vous renseigner sur le training autogène ou la visualisation dynamique utilisés par les sportifs de l’extrême. Vous apprendrez ainsi à dérouler mentalement le film de votre chantier dès le stade de la conception. Vous détecterez plus facilement tous les points durs, conflits, incohérences spatiales ou de temps (une toupie de béton se décale rarement dans le temps !) …

Après cette première phase théorique, vient le temps de l’action contrainte dans le temps : le départ du coup de fusil.

Attention, vous devez tenir dans la durée donc vitesse et précipation sont à bannir et à remplacer par la qualité de votre préparation détaillée en amont de votre projet et votre organisation du travail :

  1. Je réfléchis
  2. J’agis

Simple et trivial mais à se remémorer pendant les phases difficiles.

Apprenez aussi à « perdre du temps » ! Après réflexion, un problème peut souvent être absorbé par une solution nouvelle si vous savez aller la chercher (la nuit porte très souvent conseil).

Conseil de réalisation

En autoconstruction, vous allez vous substituer jusqu’à un certain point à l’architecte, le maître d’oeuvre, le coordinateur de sécurité SPS, les différents corps de métier, le logisticien (à ne pas oublier), … Si internet est notre ami, apprenez à faire le tri rapide des sites qui vous apportent des réponses à votre problème afin de compléter votre culture technique minimale.

Les qualités requises

La qualité de votre préparation peut réduire votre charge d’activité de 40 à 60 %.

Les phases de travail étant quasiment incompressibles, vous ne pourrez gagner que sur l’organisation de votre chantier.

La sécurité des personnes

Votre priorité une, absolue et permanente doit être la sécurité des personnes. Tout le reste est en priorité deux et plus.

Même une blessure légère peut arrêter votre chantier, vous devez vous préserver et donc les équipements de protection individuels (EPI) sont obligatoires ainsi que la connaissance et l’automatisation des gestes et postures. Sécurisez également les abords de votre chantier même si son accès est interdit par votre panneau d’affichage réglementaire.

L’organisation du travail

Dès le stade de la conception, vous devez prendre en compte l’organisation du travail. Pour vous faciliter la tâche découpez votre chantier en phases logiques.

Gros-oeuvre : 1- chantier hors d’eau (couverture posée), 2- hors d’air (ouvrants posés)

Second-oeuvre : 1- réseaux d’eau (sous dalle ou vide sanitaire), 2- chapes, 3- carrelages, électricité, équipements, plafonds, …

Finitions

– Puis en modules détaillés, plus ou moins indépendants, par exemple :

  • les raccordements aux réseaux VRD (peuvent être subdivisés en électricité, assainissement, téléphone, …)
  • les fondations
  • le 2nd oeuvre de chaque pièce

Si vous êtes toujours partant, voici le bilan économique de l’autoconstruction de notre bâtiment agricole.